Le Fief du Dragon Diplomate

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 BG pour la confrérie PVP : Hysabeau

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Kem
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MessageSujet: BG pour la confrérie PVP : Hysabeau   Mar 8 Déc 2015 - 19:08

Hello,

Bon bha je joue Hysabeau ^_^

J'avais même écrit un BG mais je ne suis pas sûre que ça soit utile pour le PVP XD

En bref, voilà ce que j'avais posté dans l'Ordre ; c'est toujours valide :


D'un revers de manche déjà gorgé d'humidité, elle repoussa les cheveux qui lui gênaient la vue, ayant vaguement estimé pouvoir également essuyer sa joue. Ce fut un échec : elle ne fit qu'étaler un peu plus de poussière changée en boue et de sang sur son visage.
Elle portait ses cheveux attachés habituellement. C'est tellement plus pratique en déplacement et en cas d'affrontement ! Mais, sur le haut de ce mur, les combats avaient été si intenses que plus rien ne tenait. De sa coiffure au moral des hommes, tout s'étiolait. El Ray, fidèle ours noir, était tombé bravement en protégeant sa fuite à travers la Combe du Gouffre. Des mois de trajets pour finir dans une bouillasse rendue vénéneuse par les sacrifices de sang et l'acide des chamanes orques. Dépitée par l'échec, elle ne parvenait plus à sourire. Ramenant son bâton devant elle, elle constata que sa main tremblait. Ce n'était pas ce qui était prévu, non.

Née dans les faubourg de Dale, elle avait grandi au sein d'une famille de marchands de la petite bourgeoisie locale. Le retour des Nains dans la montagne avait permis à la cité, en quelques décennies, d'acquérir une nouvelle prospérité. Isabeau ne connaissait la ruine de ses ancêtres que par l'histoire contée par sa grand-mère. L'ombre rougeoyante du grand Smaug, le dragon défait soixante ans plus tôt, continuait toutefois à marquer sa famille.

Elle avait les cheveux roux. Son père et sa mère n'étaient pas roux, pourtant. Sa grand-mère était blanche comme la neige. Son grand-père était décédé. Lorsque les premières touffes de cheveux confirmèrent définitivement cette teinte, ses parents l'auraient confiée à sa grand-mère, avec, paraît-il, des sentiments mêlés de crainte, de honte, de colère.
Isabeau n'avait donc croisé ses frères et sœurs, comme ses parents, qu'en de rares occasions. Sa grand-mère l'avait élevée à l'écart de la ville, à mi chemin de la nouvelle cité des Nains.
Elle avait appris le langage des animaux et celui de la terre. Elle avait bénéficié d'enseignements de base lui permettant d'appeler les créatures naturelles et les forces vitales du monde à son aide. Ecrit comme cela, ce pourrait passer pour beaucoup. A son niveau, disons qu'elle pouvait se faire suivre par un chat et repérer la plante qui pouvait soigner le maux. Sans beaucoup plus.

Sa grand mère lui parlait des dragons. Des Istaris disparus. Des Sindar et des Eldar. Des ombres.
Elle avait le cœur rempli d'histoires et de légendes. Adolescente, elle regardait ses cadets apprendre à compter ou à entretenir des boxes de chevaux avec un certain mépris. Elle se sentait tellement unique ! Supérieure !
Vers ses dix-sept ans, Grand-mère, avec ses yeux verts presque jaunes en temp ensoleillé ou à la lueur des flammes, l'emmena plus près que jamais de la montagne. Non, elles n'allèrent pas voir les Nains. Elle emprunta un chemin dérobé, secret, caché par les chevauchements de pierres, pour se rendre directement sous la montagne. Une lueur bleutée apparu à l’extrémité du bâton de marche de son aïeule. Là, elle sentit pour la première fois de la vraie magie. Pas les remèdes de bonne femme. Quelque chose qui lui remua les entrailles et qui lui fit peur. Elles empruntèrent des voies naturelles, creusées dans la roche, dont les dimensions permettaient à peine à un humain de se tenir debout. Elle eu l'impression de marcher des heures durant. C'était probablement le cas. Elle firent même une pause pour se restaurer.

Elles atteignirent une caverne colossale. Elle ne put en appréhender la taille. Elle vit au loin les tas d'or : trésors des nains, du dragon et à nouveau des nains. Elle resta prostrée quelques instants, sous le regard narquois de sa grand mère. Elle n'allèrent même pas voir l'or. Elle se dirigeaient vers l'autre coté du gouffre béant. Où un semblant de lieu de vie à taille raisonnable était installé. Bibliothèque, livres, parchemins, fauteuils, braséro.
Là, Grand mère lui révéla pourquoi ses cheveux alertaient la population. Durant le règne terrifiant de Smaug le dévastateur, une secte d'adorateurs s'était formée. Ils avaient servi le dragon. Et ils choisissaient leurs membres chez les nouveaux nés roux, colorés par les forces naturelles et magiques comme l'était le corps du grand serpent.

Trop peu d'années étaient passées depuis la chute du terrifiant monstre. Les gens de Dale avaient encore peur, au plus profond de leurs tripes. Les roux, ces traîtres, ces maudits. Les pires rumeurs avaient circulé. Isabeau portait à présent le poids d'un héritage réduit en poussière mais toujours bien vivant dans les histoires racontées aux jeunes enfants pour qu'ils restent sages et s'endorment : "tiens-toi bien, sinon les roux vont venir te prendre pour te donner à manger au dragon!"
Isabeau comprit combien elle s'était fourvoyée : ce n'était pas elle qui rejetait les autres à cause de leur médiocrité. Mais eux qui la chassaient à cause de son apparence. Grand mère n'était pas argentée de cheveux mais bien une rousse qui a vieilli.

Elle n'eut même pas envie de consulter les textes anciens. Elle rentra chez elle et y resta en silence plusieurs jours, se nourrissant à peine. Elle décida alors de quitter les lieux. De partir loin. De voir jusqu'où ces histoires honteuses avaient pu être contées et découvrir où elle pourrait vivre sans ces horreurs pendues à ses cheveux.

Elle avait parcouru les Terres du milieu. Elle avait rencontré beaucoup de monde et personne ne lui avait évoqué cela. Elle avait rencontré de grands mages et appris énormément. Elle avait partagé le repas de grands héros qui essayaient de sauver ce monde de la ruine. Et elle avait décidé de les aider autant que faire se peut. Et là voici, sur le mur du gouffre de Helm, pathétique et trempée jusqu'aux os, la robe collant la moindre parcelle de peau de cette pluie glacée éclairée à peine par des torches crachotant de soldats - ou de civils déguisés en soldats - terrorisés.

Le cor retentit, annonçant la prochaine charge des Orques, brisant sa torpeur.
Elle regarda sur sa droite et vit la noble Galmathis entamer un chant guerrier qui refit se tenir droit tous ceux qui l'entendirent. Elle regarda vers sa gauche et aperçu Sildalas, tout de rouge vêtu, expliquer à de jeunes rohirrim comment piéger un ennemi sans risquer sa vie. Elle vit Lumellor l'elfe de la Forêt Noire aux côtés de son prince Legolas, riant à gorge déployée du décompte d'ennemis abattus du Nain Gimli.
Elle se souvint alors de toutes ces personnes qui l'avaient tour à tour accueillie, protégée, aidée. Elle repris son bâton à deux mains et commença son incantation. La gemme à l'extrémité s'éveilla d'une lueur bleutée, pareille à celle de sa Grand Mère, mais la lumière jailli du ciel, déchirant les nuages noirs, crachant une foudre dévastatrice sur une troupe d'Ourouks.
Des cris guerriers revigorés retentirent autour d'elle et elle se joignit à eux.

La nuit ne faisait que commencer.


Isabeau,15 Novembre 2014


Quelques mois plus tard,
Elle accompagna Echirion la Sentinelle dans les Landes d'Etten.
Elle n'en partit plus, piégée par les hordes des armées de Sauron.
Loin de sa conférire, elle fut reccueillie par le Fief du Dragon et leurs alliés.

Douce ironie de son héritage qui la poursuivait encore...
Mais à pieds nus et sans cheveux roux !
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Kem
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MessageSujet: Sans RP, les personnages évoluent quand même   Mar 8 Déc 2015 - 19:32

Hysabeau avait rejoint la confrérie du Fief du Dragon, invitée par Nelphaele, elfe maître du savoir.
Probablement âgée de plusieurs siècles, soit bien plus que la jeune adulte, Nelphaele était devenue son amie, compagne presque chaque jour dans le terres en guerres au sud du Gondor et dans les Landes d'Etten.

Hysabeau comprit rapidement que, bien plus qu'une confrérie, le Fief était une famille. Au sens littéral. Les alliés du Fief étaient leurs soeurs, leurs enfants, leurs parents ; la plupart elfes ou semi-elfes. Au coeur du Fief, en revanche, la race hobbite était fièrement représentée par des personnages colorés, joyeux, vivants. Ils amenaient la joie de vivre au milieu de l'horreur de chaque nouveau jour. Et il y avait également le père de Nelphaele, le fondateur de la confrérie, Thurinestel, également maître du savoir et mentor du groupe.

Ils disaient qu'il était âgé de plusieurs millénaires. Du haut de ses 19 ans, Hysabeau n'était pas certaine d'être capable de mesurer ce que cela signifiait. Elle avait visité de nombreuses ruines de civilisations humaines au cours de ses périgrinations en Terre du Milieu. Les avait-il vu naître, bâtir et décliner ? Cette évaluation lui donnait le vertige, l'impressionnait.

Aventurier très expérimenté et plus que maître dans son art, Thurin complétait les enseignements prodigués par Nelphaele et Barbariel, la fille semi-elfe de cette dernière. Hysabeau percevait le regard de l'elfe sur sa nuque lorsqu'elle portait ses cheveux relevés, sur sa croupe lorsqu'ils se déplaçaient à cheval sur de longues distance, son souffle dans son cou quand il corrigeait ses postures incantatoires et le frôlement de son doigt à l'intérieur de sa paume alors qu'il amenait de la précision à ses gestes.

Sa famille plaisantait souvent sur son appétence (ou son appétit) envers les humaines.
Hysabeau, qui n'avait connu autre chose que le combat, les voyages et la guerres depuis son départ de Dale, était assez ignorante en la matière. Sa grand-mère lui avait enseigné les herbes de lune, les principes de la nature, la théorie des faiseuses d'anges. Mais, finalement, en pratique ... Elle avait lié quelques amitiés avec des hommes (humains, elfes, hobbits et nains) mais rien de plus. L'attitude de Thurin lui était étrangère. Et elle ne savait guère quelle attitude adopter...
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Evénia
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MessageSujet: Re: BG pour la confrérie PVP : Hysabeau   Mar 8 Déc 2015 - 20:44

A mon avis, l'attitude à adopter est la révision générale de cette fausse opinion. Thurin n'est pas intéressé par les jeunettes ! (ah là là, toutes des fleurs bleues, ces elfettes...)
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Kem
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MessageSujet: Re: BG pour la confrérie PVP : Hysabeau   Mer 9 Déc 2015 - 9:21

Je tiens à préciser qu'il s'agit d'une extrapolation, issue de mon esprit malade et validée par "le vieux", basée sur quelques lignes délirantes visant à oublier l'irritation de Minas. Le RP, c'est mal.

Les rayons du soleil finirent par pénétrer la pièce malgré la petitesse de la fenêtre et la configuration tout du moins étrange des remparts de la Cité blanche. Ils atteignirent le visage endormi de la jeune femme, la sortant du sommeil. Ils illuminèrent le cuivre de ses cheveux de quelques reflets d'or et recréèrent le contraste entre sa peau de lait et les tâches de rousseur qui constellaient le haut de ses joues. Encore étourdie, elle ramena le drap rêche sous son menton en enfouissant son visage dans l'oreiller : même inconfortable, c'était un lit ! Elle avait tellement dormi à l'extérieur ou sous tente ces derniers mois que cette chambre humide, creusée contre la roche, trop fraiche, envahie d'odeurs de suif et de citronnelle séchée, lui paraissait la plus confortable d'Arda. Elle chercha à se pelotonner contre lui mais, ne le trouvant pas, ouvrit les yeux brusquement. Il avait promis de veiller sur son sommeil.

Il était assis en tailleur au pied du lit, lui tournant le dos. Rassurée, elle ne dit mot et l'observait en silence. Il devait être en train de méditer : son souffle était ralenti au point d'avoir presque disparu; ses épaules ne bougeaient presque pas. Sa chevelure argentée était déliée et lui couvrait les épaules. Dans le contre-jour, il paraissait luminescent. Sa peau avait un aspect si lisse qu'elle lui paraissait comparable à du marbre. Comme si les minuscules craquelures naturelles et les pores s'étaient estompées au fil des âges. Des cicatrices des combats récents et quelques hématomes étaient visibles, de même que des traces plus anciennes.

Hysabeau se demanda combien de siècles étaient nécessaires à faire disparaître complètement une morsure de ouargue. Elle-même avaient bras et jambes marquées par les affrontements récents. Elle parvenait la plupart du temps à échapper aux coups meurtriers mais avaient encore le le flan très endolori par une flèche reçue. Les tissus que devait porter un mage pour ne pas gêner ses mouvements le mettaient en danger constamment ; d'autant plus qu'elle n'imaginait pas rester à distance du combat en abandonnant en première ligne ses compagnons guerriers.

En vieillissant, les elfes se rapprochaient-ils de statues ?
Elle se souvint du flegme des monarques rencontrés à la Foncombe et Caras Galathorn. Leurs émotions semblaient s'éteindre alors que leur lumière se répandait autour d'eux. Ils paraissaient jeunes de corps et leurs regards généraient un décalage, un malaise. Les yeux de Thurinestel, de quelle couleur étaient-ils ? Elle était incapable de le dire. Sans bouger, elle observait les muscles de son dos, de ses bras, de ses épaules. Elle faisait son possible pour ne pas déranger son repos.

Elle laissait errer ses pensées vers ses souvenirs de la veille. Jetant un regard curieux au tas de tissus au sol, elle se dit qu'elle ne parviendrait probablement pas à reporter ces vêtements déchirés qui avaient été arrachés. Cela la fit sourire ; elle installa l'oreiller plus confortablement sous sa tête et se coucha sur le coté, continuant de détailler son amant.

Au coeur de Minas Tirith assiégée, ils avaient, la veille, accompagné de jeunes enfants humains à se frayer un chemin vers des zones plus sécurisées, dans les cercles plus élevés de la ville. Cela les avait obligés à passer par les citernes. Thurinestel voyageait pieds nus, pour disait-il, resté lié à la magie d'Arda. Il avait gardé son maintien noble tout en pataugeant dans la fange et les eaux croupies mais aucun doute possible sur le dégoût qu'il avait tenté de dissimuler. Une fois les enfants en sécurité, ils avaient convenu de la nécessité de se restaurer : Hysabeau était plus marquée que lui par le besoin de nourriture et de sommeil ; Il y avait été attentif.
Ils s'étaient installés au fond d'une taverne de la ville et avaient commandé à boire et à manger. La nourriture étant rare en raison du siège ourouk, ils avaient réduit leur commande.

La jeune femme n'avaient pas l'habitude de boire de l'alcool : son expérience principale avait été la beuverie naine à la Moria dont elle ne gardait pas vraiment mémoire. Rapidement, l'elfe avait paru éméché. Elle s'était laissée griser par son comportement moins guindé, décalé, drôle - et les vapeurs d'alcool qui embrumaient son esprit déjà fatigué. Il avait sauté à pieds joints dans la fontaine de la taverne (dans ces anciennes cités humaines, il y a des fontaines dans les tavernes) pour se laver les pieds. Il l'avait éclaboussée et avait fait mine de trébucher. Il s'était rattrapée à elle et leurs regards s'étaient croisés. C'est à ce moment qu'il l'avait surprise : d'un geste vif, il avait saisi son visage et sa taille avec une fermeté inattendue et l'avait embrassée à pleine bouche, presque avec avidité.

C'était son premier baiser. Elle ne savait pas vraiment comment y répondre. Peut-être l'eut-il senti : il s'était montré ensuite plus doux mais restant aussi gourmand, ardent. Elle avait pensé que les elfes étaient d'une patience et d'une langueur presque insupportable : il démontrait l'inverse. Il avait éveillé en elle des sensations inconnues, attrayantes mais presque effrayantes. Elle avait choisi de le suivre, de le laisser la guider. Elle ne l'avait pas regretté...

Le lendemain matin, pourtant, elle avait l'impression d'être un papillon fragile très - ou trop - proche d'une flamme intense éclairant la nuit noire. Elle craignait de s'y consumer. Elle porta son pouce à sa bouche et en mordillant l'ongle, pensive, un peu nerveuse. Que pouvait représenter une nuit comme celle-ci à un être aussi ancien ? Alors que pour elle, c'était un basculement complet ... Vingt ou trente ans d'une vie humaine, le tiers de sa totalité, était probablement pour lui un simple souffle, un battement d'ailes. Pouvait-on garder en mémoire plusieurs millénaires de vie ? Les elfes comme lui avaient-ils besoin, justement, de s'ancrer à la vitalité du présent par l'intermédiaire des éphémères tels qu'elle pouvait l'être ?

Tandis que ses pensées vagabondaient, elle perçu le mouvement de Thurinestel : il s'étirait. Il avait terminé sa méditation. Il se tourna vers elle, lui sourit. Avec l'aurore dans l'encadrement de la fenêtre, il l'avait l'air encore plus lumineux, le visage auréolé du soleil diffusé dans ses mèches de cheveux. Il jeta un regard amusé aux vêtements et son sourire s'élargit. Il la rejoint vivement dans les draps, l'enlaça en se penchant sur elle. Son visage était si lisse, marqué uniquement de quelques rares rides d'expression autour de sa bouche et aux cotés de ses yeux. Se blottissant dans ses bras, elle se demanda encore ... de quelle couleur étaient-ils ?
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Kem
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MessageSujet: Baisse de moral passagère   Ven 29 Jan 2016 - 9:38

Le temps était lourd sur les Landes d'Etten. Les nuages faisaient mine de poindre sur les rebords du ciel, amenant un espoir de pluie et d'ombre apaisante. Les ombres, celles de l'Angmar, s'activaient plus que jamais. Les messagers rapportaient des troupes de plus en plus nombreuses et organisées : elles prenaient des tournants d'armée réelle, face à laquelle la tactique de guérilla employée jusqu'ici par les défenseurs des Peuples libres trouvaient certaines limites.
Les différends politiques et défiances entre les factions, accentués probablement par les serpents habilement disséminés par Saroumane, rendaient fragiles les tentatives d'alliances entre clans et confréries. En bataille rangée, en plaine, la défaite était souvent l'issue des affrontements. Jusqu'à assister au triste spectacle d'un Humain refusant d'en soigner ou d'en sauver un autre... Que dire des Elfes et des Nains ? Heureusement que les Hobbits paraissaient moins enclins à ce genre de comportement nuisibles pour la lumière et favorable à la ténèbre. Sous ce soleil éclatant, c'était bien l'aveuglement du déni de risque de victoire des Orques qui dominait. Le Fief du Dragon gardait un esprit résolument optimiste. Ses ouailles ne manquaient jamais de combativité ni de solidarité.

Ce jour-là, cela faisait quelques semaines qu'ils n'avaient pas regagné le Rovannion, cette zone frontière de l'Eriador étant de plus en plus menacée. Accompagnés d'Orai Linde et souvent en coopération avec Légende, les confrères et consœurs du Fief résidaient dans un campement semi-permanent à Glan Vraig, composé de tentes garnies de meubles solides, permettant un plus grand confort pour un repos plus réparateur. Les Elfes assuraient la plupart des tours de garde afin de permettre aux autres de régénérer leurs forces. La cuisine et la musique hobbites ramenaient des moments de joie et d'innocence bienfaitrice. Le rapprochement entre Nelphaele et Sébas prouvait que la confiance en l'avenir restait présent, vivace.

Un corbeau arriva de Lugazag, le fort le plus exposé aux forces ennemies, place stratégique disputée presque quotidiennement. Des renforts étaient demandés : les rôdeurs et gardes ne tiendraient plus longtemps malgré le soutien du maréchal Ann. Le Fief partit à bride abattue vers le front. La préparation était toujours très rapide : la plupart combattaient vétus de vêtements de voyage. Ceux qui pouvaient porter l'armure étaient aidés des autres pour s'apprêter en quelques minutes. Le voyage n'impliquait que quelques lieues, à peine une heure et demie. Ils le faisaient souvent, en maîtrisaient les dangers et lieux d'embuscades à éviter.

Spontanée, heureuse au combat aux côtés de sa nouvelle famille, Hysabeau était la plupart du temps en première ligne, prenant des risques parfois utiles, parfois payants, proche sur le terrain de Malindor, Annadona, Nayane, Sébas... Souvent loin des soins. Elle s'en tirait, portée par la chance et une progression dans sa maîtrise des arts magiques, guidée par Thurinestel, Nelphaele et Barbadana.

Ce jour-là, son inexpérience pêcha. Dans le Bois Funeste, son coursier refusa un obstacle, un tronc en travers du chemin. Son manque de compétence ne lui permit pas d'imposer sa volonté à l'animal. Cela engendra un léger retard sur le reste du groupe : quelques mètres à peine. Le temps de contourner l'arbre mort et de refaire gagner en allure sa monture. L'ennemi était signalé devant, les chevaux étaient au grand galop : les autres poursuivirent leur chemin. Agacée, elle reprit de la vitesse en assénant un léger coup de cravache sur le flanc du cheval qui piaffa. L'isolement dans les Landes, ces dernières semaines, impliquait la mort, ou un état proche...
Sous la canopée battue par les rayons ardents, l'air lui-même paraissait verdir, glauque, retentissant des jappements du terrier lupin tout proche. Ces canidés ne l'effrayaient pas et elle décida de ne perdre aucune seconde de plus sur ses amis dont elle percevait le dos entre les arbres et feuilles qui lui frôlaient le visage.

La troupe avait presque atteint le gué de la Valgivre lorsqu'elle émergea de l'orée, la vue brouillée par la luminosité. Distraite par son envie de rattraper le groupe, elle ne prêta aucune attention à ses arrières. Serrant les cuisses et sifflant, elle rappela à son cheval l'ordre de prise de vitesse. Les sabots pénétrèrent la fraîcheur de la rivière quand les autres avaient gagné l'autre rive. Les éclaboussures mouillèrent ses guêtres et son pantalon : sensation bienvenue qui la fit sourire, revigorée par la présence proche de ses amis. Ils lui firent un signe de la main et reprirent la route, au petit trot et sans s'attarder. Pas de pause vu la gravité de l'appel à l'aide reçu. Ils étaient déjà entre les rochers quand elle était au tiers de sa traversée. La chaleur du sol se réverbérait sur les quelques arbres en bordure de l'eau, restreignant ses perceptions un peu plus, juxtaposé aux renâclements du cheval. Concentrée pour localiser ses compagnons et sur son objectif, elle ne fit que peu de cas du son d'éclaboussures qu'elle crut entendre dans son dos.

Les rochers étaient à quelques foulées quand les bruissements de l'eau se chargèrent d'un sourd et guttural grondement. Son épine dorsale se tendit, la chair de poule la gagna l'espace d'un battement de cil tandis qu'elle reconnaissait ces prémices à un grognement terrible, reconnaissable entre tous : celui du terrible Beluk. Son corps se tendit et se gorgea d'adrénaline. Elle entama un rapide mouvement pour saisir ses rennes dans une seule main et saisir son bâton de l'autre. Le ouargue n'hurla pas : il fondit sous le cheval, saisissant le postérieur gauche dans sa puissance mâchoire et le déséquilibra, arrachant le jarret. L'animal s'effondra sur le coté si vite qu'Hysabeau n'eut pas le temps d'en sauter : entraînée dans la chute et bloquée dans toute option de mouvement par l'étrier, elle ne put que crier, espérant avoir pu formuler l'alarme adéquate ; mais même son esprit lui paru paralysé, focalisé sur cet espace de temps minuscule durant lequel elle percevait chaque détail de l'instant. La sueur du cheval, la poussière dans sa gorge, le giclement de chair et de sang, la puanteur du monstrueux loup du Mordor, les raclements et sifflements arachnides, les cliquetis des armures, les premiers ricanements satisfaits des assaillants qui les avaient pris à revers... Et le sol qui arrivait si vite dans son dos, moins vite toutefois que la masse vivante, mouvante et paniquée du destrier qui s'écroula sur sa jambe.
Ce jour-là, la douleur intense irradia totalement son corps, elle n'eut même pas conscience de l'avoir exprimée au travers d'un son, tandis que sa tête heurta violemment le sol rendu aussi dur que du granit par la sécheresse.
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papet.e
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MessageSujet: Re: BG pour la confrérie PVP : Hysabeau   Ven 29 Jan 2016 - 17:33

lol! j'aime bien la fin.
Beluk
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Kem
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MessageSujet: De l'autre coté de la rivière   Jeu 4 Fév 2016 - 21:03

Slagash était un jeune ouargue. Il n'avait participé qu'à quelques combats "d'entraînement". En réalité il considérait avoir servi de défouloir au terrible Krakauth, tyran des meutes. Il en avait obtenu sa première cicatrice sur l'omoplate : elle avait mis plusieurs semaines à se refermer : ses frères la mâchouillaient dès qu'il essayait de dormir. Ce jour-là, c'était sa première mission. Il devait obéir au chef pour éviter de se faire éventrer sur place. Et il devait suivre Beluk-le-gourmand. Magnifique bête dans la force de l'âge, Beluk était reconnu par son clan comme un grand guerrier : il ne revenait jamais sans viande d'humain ! Au pire, de cheval. Il arborait une belle collection de mouches grasses et saillantes, ainsi que des honorables marques des batailles vaillamment gagnées sur les elfes - pouah ! Ces cicatrices-là était trop faciles à refermer, aucune fierté dans la souffrance. Nettes, faites par des lames aiguisées, profondes, elles pouvaient paralyser un ouargue plusieurs semaines mais finissaient toujours par se clôre en laissant peu de détails croustillants. Parlez-vous d'une bonne hache naine ou béornide ! Au moins, celles-là étaient capables de vous trancher un morceau ! Dans ce cas, le tyran acceptait votre bravoure. Les entailles d'elfes ou de champions... La honte suprême restait d'être mis hors combat par un coup de massue ou un cri perçant les oreilles trop sensibles. Le chef venait rétablir l'équilibre en vous arrachant au moins une zone de peau à laisser au soleil. Cela étant dit, le nombre de marques couturant le pelage de Beluk tendaient à le faire admettre comme un grand guerrier.

Ce jour-là, le soleil rendait la nature parfaitement lisible, sur de longues distances. Le flair et l'ouïe devaient être privilégiés à cause de l'éblouissement, lui expliquait Beluk de quelques grognements secs mais clairs. Krakauth surveillait les opérations dans le peu d'ombre qu'il avait pu trouver. Leur mission principale était d'empêcher les renforts d'atteindre Lugazag : personne ne devait passer. Aucune pitié, avait dit le chef, provoquant l'hilarité de la troupe disparate. Oui, toutes les chances étaient de leur côté même si orques comme araignées étaient incompréhensibles, insupportables, et limitaient ses perceptions à cause de leur odeur - surtout les orques, en fait.

En attente dans la forêt du bois funeste, Slagash observait ses frères plus expérimentés faire leurs rondes de repérage. Il posait son museau sur ses pattes avant et s'attardait à sentir les vibrations du sol. Un guerrier lui asséna un coup de plat de hache sur la croupe : il se retourna prestement et lui sauta à la gorge. L'autre intercepta sa gueule aux crocs si peu jaunis avec son avant bras dénué d'armure. Slagash ferma ses puissantes mâchoires et sentit la peau percer avec l'afflux de sang qui envahit sa gorge. Distrait par ce petit bonheur, il diminua sa garde et fut violemment projeté par une attaque de plein fouet de Krakauth : il fallait garder les bras des orques valides pour combattre l'ennemi de front ! Oui, c'était difficile de ne pas montrer à ces gros vantards puant la vraie force des ouargues. Patience, quand l'ennemi commun sera anéanti, alors ils verront !

Avant d'être interrompu, Slagash avait cru anticiper l'arrivée de cavaliers au galop. Le temps de la fin de l'incident, Beluk revenait annoncer une troupe d'une dizaine de guerriers humains et elfes. Certains étaient tous petits mais pas des Nains. Peut-être étaient-ils si acculés à la défaite qu'ils envoyaient même leurs enfants sur le champ de bataille ! Un rire moqueur commun aux forces de Gram gagnait chacun : quelques jappements, des crissements de contentement du côté des araignées, quelques coups de sabre sur les boucliers. Un profanateur - leurs noms étaient imprononçables - rappela ce petit monde à l'ordre : les laisser passer et les prendre à revers. Les lieux proches de la rivière s'y prêtaient parfaitement. L'ombre des rochers permettrait aux orques de limiter leur handicap lié à la lumière du jour. Ils étaient presque aveuglés et leurs autres sens ne compensaient pas. Slagash se demandait pourquoi diantre c'était l'âge des orques qui était annoncé alors qu'ils étaient aussi fragiles. Les araignées fixaient les uns et les autres en frottant une patte ou l'autre contre d'autres... Le jeune ouargue s'y perdait. En plus, elles avaient trop d'yeux. Comment, Morgoth, faisaient-elles pour gérer toutes ces informations ?! Ou alors ce n'étaient pas de réels organes sensoriels ? Trop d'yeux, des ´poils' pour repérer un langage codé, des odeurs qu'il percevait dans interpréter, faibles et non fiables... Mais il admettait que, ce qui était bien, avec ces créatures, c'est que même avec trois ou quatre pattes en moins, elles cavalaient toujours ! Et leurs poisons ralentissaient les proies parfaitement pour les mettre à bonne portée de crocs. Il se pourlécha les babines du futur plaisir de la bataille à venir.

Ce jour-là, ils se cachèrent à bonne distance de l'itinéraire des ennemis. Seuls les ouargues les plus habiles restaient en observation, invisibles. Dès la forêt, un cavalier prit du retard sur le reste de sa troupe. Sans armure, sans casque. De la peau rose et tendre, sans crasse apparente ni pelage rude. Des poils de tête abondant, d'une couleur de feu : comment pensait-il passer inaperçu ? La chaleur ambiante rendait son odeur plus forte ; différente de celle que pouvait dégager un elfe, bien plus fine que celle d'un nain, plus fruitée que celle d'autres humains (son cousin lui expliqua que les cheveux-de-feu avaient ce type d'odeur) avec une note de fraîcheur artificielle. Du parfum ? Cette créature se sentait à des kilomètres. Et voilà qu'elle sifflait son canasson ! À croire qu'elle voulait se faire attraper ou qu'elle était vraiment stupide. Un ourouk dit quelque chose en noir-parler à ses comparses : ils rirent, grassement, grivois. Slagash fronça le museau : pas question de les laisser gâcher un repas qui paraissait si délicat.

Ils virent que la distance avec le reste de son groupe s'élargit avec le passage du gué. La tactique fut déterminée : les ouargues iraient en première ligne faire tomber le bétail, les araignées suivraient de près pour entoiler l'endroit et être prêtes à répandre leurs poisons. Moins discrets dans leurs déplacements, orques et ourouk viendraient en dernier pour assurer la prise de la zone. Ils s'en serviraient comme camp retranché pour mener leur attaque sur l'arrière de la troupe ennemie, permettant aux flèches noires de les canarder de loin. Le temps qu'ils se rendent compte de l'attaque, leurs effectifs seraient réduits de moitié. Ils seraient exposés, en plaines, alors qu'eux seraient protégés par les arbres et les rochers.

Ce jour-là, leur première proie avait un bâton de magicien. Il fallait -un- l'empêcher de donner l'alerte et -deux- lui interdire de lancer la moindre magie. Sinon, ils pourraient tous se trouver éblouis quelques minutes ou bloqués par une barrière de feu. Le feu, Slagash n'aimait pas : bien que cela laissât de superbe marques, l'odeur du poil roussi limitait trop le flair pendant des jours entiers. Beluk fut désigné pour mettre fin à la cavalcade. Aussi imposant que les montures des petits humains, il avait une agilité, une souplesse et une connaissance de l'anatomie des chevaux qui ferait mouche.

Il prit quelques mètres à peine d'avance, avec une course rapide et brève qui lui servit d'élan. Slagash le vit plonger, alors qu'il sortit de l'ombre exposé en pleine lumière, sous la monture de la créature idiote et imprudente. En un saut puissant et parfaitement calculé, il pivota sur lui-même en attrapant la patte de la grande bête dans sa mâchoire. Dans le même mouvement, il décocha de très rapides coups de ses puissantes griffes dans la partie la plus tendre de son ventre. Transporté par son élan, il atterrit sur le dos, arrachant le tendon dans un éclatant gisement vermeil et un hennissement qui déchira l'air ambiant. Ce cri, et les deux que poussa l'humain dans sa chute. Par la bénédiction des ombres, son hurlement pitoyable fut interrompu par le choc de son crâne sur le sol.

Beluk se redressait, fièrement campé et revenant vers sa proie. Assommé, l’humain ne bougeait plus, en dehors de quelques soubresauts mécaniques provoqués par l’agonie du cheval qui se traînait sur le sol, ne laissant que le pied écrasé de son cavalier sous son poids lorsqu’il mourut. D’un signe de tête désignant sa proie, Beluk autorisa les autres à s’approcher. Une araignée lança un dard qui frôla l’oreille de Slagash avant de se planter dans le bras de sa victime. Le jeune ouargue entama un grondement sonore et mécontant à l’adresse de l’arachne mais fut rappelé à l’ordre par un jappement bref. Pas plus de bruit que nécessaire ! Krakauth avait disparu de toute vue. Beluk entama l’ascension des rochers pour pouvoir observer les ennemis.

Les orques arrivaient : ils étaient vers le milieu de la rivère. Ils criaient leur joie à l’idée de la curée : l’humain n’était pas mort, ils pourraient en profiter. Les ouargues se glissèrent dans les ombres, désapprobateurs de l’attitude bruyante des peaux-vertes. Les araignées commençaient leur travail de toiles, réduisant leur taille de plus de deux tiers en recroquevillant leurs pattes pour se glisser entre les rochers. Interloqué par cette démarche, Slagash pencha une oreille vers l’arrière et agita d’un coup sec la queue. Il s’approchait du corps immobile de l’humain. Son vêtement ne lui protégeait pas le cou, ni la nuque : sa peau prenait une teinte d’un superbe vert maladif, virant vers un jaune vomitif, à partir de l’épaule touchée par le dard. Sa respiration était perceptible. Le ouargue n’avait pas mal évalué : la créature lui paraissait fraiche et tendre. Elle serait goûtue. La salive montait dans sa gueule et, le long de sa babine, de la bave suintait. Les entrailles de la monture était répendues sur le sol, fumantes, puant des excréments pas encore tout à fait formés dans ses intestins. Slagash attendait les ordres suivants.

Soudain, et très rapidement après la chute de l’humain, Beluk poussa un hurlement d’alarme. Au pied du rocher, Slagash redressa la tête, oreilles en arrière et crocs dévoilés. Il se tapit, prêt à bondir. Mais n’en eut pas le temps.

Ce jour-là, il vit surgir depuis le promontoir deux elfes en armure, reflétant les rayons ardents du soleil, lui brulant les yeux. Allanaelle, guerrière redoutée, bondit dans un saut de danseuse, larmes en avant. Elle atterit presque sans bruit autre que les tintements du métal, et se précipita à l’assaut des orques qui sortaient à peine du gué. L’autre elfe, le troisième maréchal Malindor, restait en position de protection à proximité de l’humain désarçonné. Les ouargues étaient ignorés des adversaires qui chargaient le profanateur. Les petites créatures roses, dont au moins une en armure, vinrent protéger le flanc du rocher aux cotés de l’elfe timoré. Annadonna combattrait les araignées et les ouargues. Dans les secondes qui suivirent, le reste de la bande arriva : chanteurs et magiciens… D’autres guerriers… Des guerriers qui encourageaient leurs troupes avec des bannières et soufflaient dans des cors étourdissant

Ce jour-là, à ce moment-là, pas encore tout à fait organisée, l’escouade de Gram fut mise en déroute. Slagash comprit que c’était un piège. Un piège sacrifiant l’un des leurs ? Sauron leur avait menti ! Les défenseurs de l’Ancien monde utilisaient les méthodes des combattants de l’Ombre ! La guerre devenait plus intéressante mais à l'issue moins certaine ... La queue entre les pattes arrière, il entama une course folle vers le Bois funeste, rageant à l'avance de la punition qu'il recevrait à la nuit tombée.
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Kem
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MessageSujet: La maison chez les Hobbits   Jeu 3 Mar 2016 - 15:29


Avec la douleur de sa jambe provoquant un malaise vagal et le choc à la tête, Hysabeau perdit connaissance quelques instants. Elle revint à elle et ne parvint pas à ouvrir les yeux, éblouie par le soleil et les reflets des armures autour d'elle. Le poids du cheval ne lui pesait pas mais elle ne sentait plus qu'un engourdissement depuis son bras gauche. Elle avait une intense nausée. Elle ne put qu'esquisser une grimace de frustration et serrer son poing valide. Elle estimait avoir mis ses amis et sa famille en danger mais la sensation atroce dans sa jambe repris le dessus et elle s'entendit gémir.
Elle perçut que l'affrontement tournait à leur avantage. La mission au secours des forces de Lugazag était un échec : ou pas, finalement ; une partie des troupes ennemies étant battue à l'instant.
Dès que la zone fut sécurisée, Thurinestel vint à son coté examiner son état : il disposait d'une connaissance des soins et remèdes bien supérieure à tout ce que la grand-mère d'Hysabeau avait pu lui enseigner. Il demanda que du bois soit ramassé. Il posa une main longiligne, douce, réconfortante sur le front de la jeune femme, puis tira sur ses paupières pour vérifier ses yeux. Il découpa le tissu de son pantalon avec sa dague pour dégager la jambe blessée et voir l'étendue des dégâts : pas de fracture ouverte. Hysabeau perçut le soulagement autour d'elle. Il choisit les branches les plus droites et, à l'aide du tissus et de bandages, il improvisa une atelle. Il laissa Hysabeau au sol et enfourcha sa monture. Sebas et Malindor la relevèrent et la portèrent pour l'installer entre les bras de l'elfe, épargnant tout choc supplémentaire à sa jambe. Thurinestel entoura sa taille de son bras gauche et la maintint contre lui. Il donna à sa monture l'ordre de démarrer d'un presqu'imperceptible mouvement du bassin et la dirigeait en tenant les rennes de sa seule main droite.

Le reste du groupe se réorganisa rapidement pour rejoindre le fort, sans laisser personne en arrière et redoublant de prudence. Hysabeau fut amenée avec précaution en salle de soins, auprès d'autres blessés. Prise en charge par les guérisseurs, elle avait clairement entendu les instructions de Thurin la concernant : il devait se rendre au front mais ne permettrait pas une maladresse à son égard. Elle sentit une vague de chaleur agréable et rassurante la parcourir depuis le ventre quand il posa un baiser délicat sur son front avant de partir. Ils lui firent boire une potion qui l'endormirent afin de pouvoir expurger le poison d'araignée et revoir l'attèle sans lui faire mal, sans risquer qu'elle ne bouge.

Quand elle s'éveilla, son bras et son épaule étaient bandés. La nausée avait disparu. Sa jambe était comme l'écrin de brûlures denses, par vagues successives, venant la transpercer avant de s'étendre à tout son corps. Elle était dans une charrette couverte où une couche avait été organisée. Elle avait la tête posée sur la cuisse de Thurinestel qui avait la main gauche posée sur son cou et qui tenait sa pipe de la main droite. L'odeur de tabac envahissait l'espace, ne provoquant pas de doux mais un réconfort. La voyant s'éveiller, il lui sourit posément et lui caressa la joue. Il vit, sans qu'elle eut besoin de lui dire, son mal. Il posa sa pipe en bois dans un petit pot de terre cuite et saisit une petite outre. Il l'aida à boire quelques gorgées. Elle sentit le breuvage glisser vers son estomac et répendre, très rapidement, un engourdissement. Sa tête retomba vers le coté, elle se rendormit, Thurin recommença à faire des ronds de fumée, calme, sous les cahots de la route. Elle passa le reste du voyage en demi sommeil.

Elle reprit une plus claire conscience dans un lit pas forcément cossu mais robuste, couvert de coussins moelleux et de couvertures douces. La pièce, aux murs recouverts d'un papier peint clair et de lambris jusqu'à un tiers de hauteur, était éclairée par un feu ouvert et une chandelle proche de la couche. Des poutres apparentes garnissaient le plafond relativement bas, aux bords recourbés. Elle sentait distinctement l'odeur des fleurs fraichement coupées et de fond de tabac. Sa jambe était posée sur un tas surélevés de coussins, attachée au bord du lit pour être maintenue immobile même durant le sommeil. Thurinestel était à son chevet, toujours aussi calme, toujours bienveillant. Il était en train de lire (ou d'aposer des corrections à la plume dans un livre sur l'histoire du Deuxième Age qu'elle avait acquis dans le Gondor). D'un regard bleu perçant par dessus la couverture de l'ouvrage, l'elfe constata l'éveil de la jeune femme; Il ferma les pages et avança sa chaise près d'elle. Il lui prit la main et y posa un baiser, lui souhaitant la bienvenue chez elle, chez eux.

Chez elle (chez eux!), bien sûr : elle avait acquis une propriété proche de la maison de confrérie, dans la Comté. Elle n'y était allée qu'une fois lors de l'achat mais y avait fait livrer des biens : meubles, livres, matériels pour les recherches et la couture, décorations trouvées ou reçues lors des voyages... Détaillant la chambre et la pièce à vivre visible par l'embrasure, elle constatait que l'espace avait été aménagé. Par Cynabre, Barbadana, Annadonna : les hobbites n'avaient manifestement pas pu accepter une maison vide et inconfortable ! Intolérable ! Quelque part ... Elles avaient raison. Hysabeau sourit en observant l'endroit et en constatant, rassénérée par ce fait, que l'elfe paraissait y avoir posé ses bagages depuis son hébergement chez son amie hobbite.

Les semaines qui suivirent furent ponctuées de visites improvisées avec paniers garnis, de quelques chansons autour de la cuisine et du grand âtre de la pièce à vivre, de lectures calmes, de rééducation, de soins prodigués avec délicatesse. Elle serait rapidement sur pieds (et, coquettement, espérait ne pas prendre 15 livres d'ici là) pour repartir, avec une prudence renouvelée, sur le champ de bataille !

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